Étrange situation
Étrange situation.Dans les médias, les musées, les universités, le métissage culturel est devenu, semble-t-il, le paradigme salvateur de la vieille Europe, qui prône l'ouverture à l'Autre, histoire de tourner la page de son passé colonial.
On parle avec plaisir du post-national; l'ère post-raciale aurait même déjà commencé, et l'élection de Barack Obama en formerait une preuve éclatante.
Mais dans le même temps, la France dispose désormais d'un ministère de l'identité nationale, qui chasse les clandestins et mate les "mal-intégrés" des banlieues.
Quant aux études post-coloniales, qui trouvent enfin un écho dans l'hexagone, elles tendraient a montrer de troublantes permanences entre nos sociétés actuelles et leur hier impérial.
Bref, sommes-nous déjà dans le moment d'après, dans ce "post" si omniprésent?
Pas si sûr.
Et peut-être que certains éloges enthousiastes de la fin des nations ou des races jouent un rôle paradoxal dans le prolongement des mauvaises habitudes.
"Ce que le postcolonial fait au national"
Samedi 16 mai 2009, Musée du Quai Branly
Avec Laurent Dubreuil (L'empire du langage, Hermann, 2008) et Ivan Jablonka (Enfants en exil, Transferts de pupilles réunionnais en métropole (1963-1982), Le Seuil, 2007)
Débat animé par David Schreiber et Renaud Pasquier

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